samedi 23 juin 2012

Souvenirs, souvenirs... Malte (du 14 au 20 juin 2012)

Après 10 heures de navigation, ON ARRIVE A MALTE !

Une fois parvenus au sud de la Sicile, un crochet par l’île de Malte s’imposait. En effet, en plus d’être une destination touristique très agréable, c’est à Malte que nous nous sommes mariés civilement, il y a… 12 ans et nous voulions y retourner avec nos enfants. Nous y avons passé aussi quelques délicieuses vacances grâce aux parents d’Henry quand ils étaient en poste là-bas.
Nous avons été très heureux d’y séjourner quelques jours et de retourner dans certains lieux comme la Résidence, où nous avons spécialement pensé à nos témoins !
les très beaux jardins de la Résidence (rare à Malte)
Malte n’a pas trop changé en 10 ans, mais la densité déjà très forte de l’île principale va encore augmenter du fait des très nombreux chantiers de construction  (les filles ont compté une vingtaine de grues gigantesques dans l’agglomération de La Valette, la capitale). Dommage que la côte soit ainsi victime de la spéculation immobilière… Nostalgie, nostalgie : les bus colorés vieillots à souhait ne font plus partie du décor… dommage, on les aimait bien, mais ils avaient sans doute pris un coup de vieux, eux aussi !


Malte est une pépite au cœur de la Méditerranée, un confetti perdu entre la Sicile la Tunisie et la Libye, mais résolument tourné vers l’Europe (selon un Maltais rencontré, c’est l’Europe qui se serait détachée de Malte…), membre de l’UE depuis 2004. Malte est également située à la jonction de la Méditerranée orientale et de la Méditerranée occidentale et sa position stratégique lui a d’ailleurs valu de voir passer toutes les marines et les armées du monde entier.
A Malte, le dépaysement est total, on ne sait plus sous quels antipodes on est ! Bien qu’ayant une identité très forte, les Maltais ont été influencés par certains de leurs occupants. Ainsi, les filles étaient amusées de retrouver des mots arabes dans la langue maltaise (les chiffres par exemple), mais les consonances italiennes sont aussi très fortes.

Les musulmans n’ont en revanche pas légué leur religion : très peu de musulmans à Malte, la religion catholique est la religion d’Etat et les églises sont innombrables, très grandes et bien entretenues.

à Mdina, l'ancienne capitale
 Autre héritage, anglais cette fois, à Malte on roule à gauche…  Henry a eu un peu de mal ! (quand nous avons loué une voiture à Gozo, une autre des 3 îles ) Les Maltais se disent descendants en partie des Phéniciens, physiquement ils ressemblent pas mal aux Siciliens, mais ils parlent tous anglais, et on les entend spontanément parler anglais entre eux (au grand dam des partisans de la « maltophonie »).
Tiens, les lauriers- roses poussent en Angleterre maintenant ?!
D’autres influences sont encore visibles dans l’architecture, la nourriture mais tout en gardant un parfum unique. Un sacré cocktail donc, une synthèse, une bouillabaisse, comme nous a dit Mario, un ami maltais, pour autant très fier de son île et de sa culture, ce que l’on comprend.
Malte a en effet été pour nous l’occasion non de rencontres, mais de retrouvailles avec de « vieilles » connaissances.
on dîne chez Mario, au dessus de St Paul's bay
Mario Vassalo-Tabbone donc, un ami des parents d’Henry, qui nous a accueilli très gentiment et nous a appris plein de choses sur Malte.


à Marsaxxlok, pittoresque petit port de l'ouest de Malte

Nous avons eu aussi l’honneur de retrouver 2 stars de la vie parisienne, j’ai nommé
Jean et Marie-Astrid « di Bagnou » qui n’ont pas hésité à renoncer au fameux diner en blanc pour nous retrouver sur Datcha. Nous avons donc festoyé en blanc ce soir-là, l’ambiance fut bonne, merci de nous avoir consacré quelques heures, cela nous a fait très plaisir ! A bientôt à 4, prenez bien soin du Migou.

c'est Sainte Rose !

Autre compagnon de voyage de longue date : Saint Paul, qui a fait naufrage dans une baie au nord de l’île de Malte. Il y est resté 3 mois et a converti les habitants, une des premières terres chrétiennes donc.
à St Paul's Bay, au nord-est de l'île
Et enfin, nous avons retrouvé une connaissance croisée de nombreuses fois déjà en Méditerranée : ULYSSE, qui se serait échoué lui sur l’île de Gozo et aurait été recueilli par la nymphe Calypso qui, tombée sous le charme, a eu du mal à le laisser repartir…
la baie de Ramla sur Gozo, si enchanteresse

Mais, impossible de se rendre à Malte sans évoquer les Chevaliers de Saint Jean. Alors c’est parti pour un peu d’histoire, cela faisait longtemps, et puis ce ne sont pas encore tout à fait les vacances…

l'entrée de la rade de La Valette, très profonde

Nous sommes au début du XVIème siècle, les Turcs contrôlent la majeure partie de la Méditerranée orientale et regardent vers l’ouest. Les Chevaliers de Saint Jean, chassés de Rhodes en 1523, ont accepté à contrecoeur de s’établir à Malte, donnée par Charles Quint. En 1530 le Grand Maître Villiers de l’Isle Adam et 4 000 hommes débarquent sur l’île et commencent les fortifications d’une capitale. Le Grand Maître meurt en 1534, Jean Parisot de La Valette lui succède en 1557. Les Turcs, conscients de la position stratégique de Malte, décident de se débarrasser de cette épine dans leur flanc. Le 19 mai 1565 une flotte turque de 138 bateaux et 38 000 hommes, dotée d’une grosse artillerie lourde, arrive sur Malte. Sur l’île, les 600 chevaliers et 9 000 hommes assiégés se battent tout l’été, perdant fort après fort jusqu’à ne plus tenir que ceux des Trois Cités. Il y eut de nombreux morts et atrocités de part et d’autre. Les Turcs attachaient les cadavres des Chevaliers à des croix et les faisaient flotter jusqu’aux assiégés, tandis que les Chevaliers ripostaient en bombardant les Turcs avec les têtes de leurs soldats tués. Finalement des renforts arrivèrent de Sicile et les Turcs levèrent le siège après avoir perdu, estime-t-on, les deux-tiers de leurs troupes. Le fort San Elmo fut reconstruit et La Valette, ainsi nommée en honneur à la vaillance et à la bravoure du Grand Maître, commença à se développer à partir de la fin de ce que les Maltais appellent
 « le Grand Siège ».

                le fort Sant Angelo
Ils en ont connu un autre...
Près de 4 siècles plus tard, au début de la Seconde Guerre mondiale, Malte devint une base navale vitale pour les Alliés, protégeant l’Europe des troupes de Rommel stationnées en Afrique du Nord. En 1941 les Italiens lancèrent une attaque éclair sur Malte mais, incapables de la mener à bien, ils furent appuyés par des bombardiers allemands. Pendant toute l’année 1942, Malte fut bombardée sans répit et les Maltais durent se réfugier dans les décombres et dans des abris souterrains, dans des conditions proches de la famine. Tous les navires alliés qui tentaient de ravitailler l’île étaient coulés par les Allemands. Enfin, le 15 août 1942 un convoi accompagnant le pétrolier Ohio parvint dans le port de La Valette, où une foule énorme s’était réunie pour acclamer la fin du blocus. Pour leur courage, le roi d’Angleterre décerna la Croix de St Georges aux habitants de l’île, que l’on voit sur le drapeau maltais.

Et parce qu'on est en voyage pour se cultiver certes, mais pour s'amuser aussi, quelques images de baignades mémorables :

le Blue Lagoon, à Comino, fantastiques couleurs ! C'est sûr en rentrant on repeint la maison !


Inland Sea, à Gozo : Henry et les filles nagent dans la grotte jusqu'à la mer



Dwejra à Gozo

la Blue Window, à Gozo, vous les voyez au 1er plan ?

Vous l'aurez compris, on aime beaucoup Malte et ce fut un super séjour, même si un peu rapide... Il y aurait encore d'autres beaux souvenirs à vous montrer : la cathédrale Saint-Jean, les deux tableaux du Caravage, les jardins de Lower et Upper Baraqa,... mais on laisse ceux qui ne connaissent pas encore les découvrir par eux-mêmes !

A bientôt pour des nouvelles siciliennes à nouveau. Nous vous souhaitons à tous une bonne fin d'année scolaire, et surtout un bon début d'été, avec toute notre amitié et/ou affection,

les Destrem'altais

jeudi 14 juin 2012

Comme à la maison !

                                l'Etna fume légèrement ce soir

Biuon giorno a tutti,

Quelques mots et images pour vous dire combien nous sommes heureux d'avoir retrouvé l'Italie, et encore plus la Sicile, où l'on se sent si bien, un peu comme chez nous ! Les Siciliens sont adorables, l'architecture est très belle, la nourriture excellente, c'est le bonheur ! Et puis il y a toujours cette petite touche décalée qui nous va bien, un côté improvisé ou en tout cas perfectible qui rend la Sicile très attachante...
Nous avons passé 3 jours et 2 nuits à Syracuse (sud est), où nous avons amarré Datcha au quai municipal après quelques émotions car il avait derapé au mouillage où nous l'avions laissé dans la baie pendant que nous nous baladions en ville. Providentiellement, des anges gardiens anonymes l'avaient accroché à une tonne pour éviter qu'il n'aille se mettre sur des ferrailles... Notre seul regret : ne pas avoir pu les remercier !




                                      baroque, baroque...


la cathédrale, ancien temple d'Athéna transformé aussi en mosquée entre temps




Nous avons passé ensuite une bonne journée entre l'Etna et Taormina.

le plus grand volcan actif d'Europe, bien calme en ce moment...


un théâtre de plus, avec une vue spectaculaire sur la mer et l'Etna, grandiose !


Quelques scènes de la vie quotidienne :
le facteur est passé sur Dacha, eh oui, il y a désormais une boîte aux lettres...


c'est l'heure de se mettre au travail

les filles n'ont même plus besoin de profs, youpi, les parents sont en vacances !


à la récréation, baignade par - 2300 m... surtout, ne pas y penser !



entre la Sicile et Malte


la toilette des poupées


Astrid pile Henry à la crapette


des dauphins !


toilette sur le ponton

Nous faisons parfois des rencontres insolites :

le cauchemear de tout plaisancier : un voilier ayant démâté, rapatrié en France par la mer...


qui veut une petite douche ?

près d'Augusta, entre Catane et Syracuse, angoissant...


et pour terminer, un coucou tout spécialement à la Classe extraordinaire de l'école Jean-Paul II avec qui nous communiquons enfin ! (mais mieux vaut tard que jamais...)


dimanche 10 juin 2012

Palabre en passant des Pouilles à la Calabre, par Didier D.

Henry tient à compléter le titre en disant que pour la contrepèterie, c'est le contraire !


" Ca y est, nous revoilà à bord de Datcha pour un nouvel accompagnement de nos quatre petites filles sans oublier notre bru et notre fils Henry. Tous ont accepté, généreusement que nous venions encore une fois troubler leur tête à tête familial et les encombrer dans leur beau navire. Nous débarquons donc à Split en Croatie et tentons de rejoindre Trogir, ville proche et superbement historique sans trop savoir où se situe le bateau, ce qui nous vaut une promenade nocturne  à pied pour le rejoindre et prendre à bord nos habitudes pas trop oubliées …et le premier pot. Mais le premier départ est un peu raté car l’hélice refuse de tourner ce qui est un peu ennuyeux quand même et nous vaut une longue matinée dans un chantier où un revêche mécano trouve plus ou moins la panne et la répare moyennant un gros chèque, bien sûr. Cela nous donne le temps de nous balader dans cette ville fort touristique car classée au patrimoine mondial, avant un appareillage vers le sud. L’intention du chef étant de traverser l’Adriatique vers une grosse verrue  qui fait une bosse le long de cette côte italienne plutôt plate et longiligne.

Après deux étapes charmantes dans les îles qui abondent du coté croate (dont Hvar que je vous recommande tant le village est pittoresque), nous traversons rapidement la mer,  portés par un bon vent favorable et débarquons dans l’inconnu de cette côte italienne fort galvaudée. Car, en fait, la rive occidentale de la botte italienne avec Rome, Naples, Capri est beaucoup plus renommée, et c’est un tort car le coté Adriatique de cette belle jambe vaut le voyage. La plupart des villes et villages où nous faisons escale se révèlent pleins de ressources et surtout fort attrayants sur tous les plans : bastions et citadelles, rues moyenâgeuses étroites et colorées, maisons anciennes fort bien entretenues… tout est extrêmement typique  et original tout en se refusant à cette tentation trop fréquente de devenir un piège à touristes. Les villes de Vieste, Bari, et surtout Monopoli sont des bijoux architecturaux et, historiques, et on ne comprend pas pourquoi nous les ignorions totalement comme, je pense, la majorité de nos concitoyens. Et que dire de l’intérieur qui se cache encore plus que ces localités du bord de mer plus exposées et plus attirantes…

                                                             Noces à Bari


Les occupations à bord ne sont pas seulement scolaires même si les devoirs et leçons ne sont pas négligés par les filles et leurs parents. Profitons-en pour reconnaitre qu’une année scolaire dans ces conditions parfois précaires  et souvent mouvementées (j’évoque ici bien sûr les mouvements anarchiques du bateau…) tient un peu de l’équilibrisme, même si au long terme les bénéfices d’une telle éducation sur toutes apparaitront indubitablement. On lit énormément, on enseigne les recettes fondamentales du tricotage, de la crapette, de la bataille, voire des échecs, sachant que cet  apprentissage sera d’une utilité foncière dans la vie future ; Il faut dire que le pilotage automatique est un apport considérable pour l’équipage qui n’a plus à se préoccuper de tenir un cap que la machine astucieuse garde bien mieux que le barreur. Mais cela a quelques inconvénients ou dangers car on prend l’habitude de vaquer à diverses occupations sans assez regarder devant et nous avons raté ainsi de peu quelques innocents pêcheurs qui osaient se livrer à leur passe-temps favoris juste sur notre route. Le chant est aussi un loisir auquel, malgré quelques voix éraillées ou timides, l’équipage se livre allégrement. Enfin les repas, sans heureusement  être pantagruéliques ou trop frugaux sont des fêtes gaies et joyeuses qu’ils soient pris dans le cockpit ou dans le carré. Ils  garantissent la survie des silhouettes des membres de cet équipage qui manque d’espace pour exprimer son besoin de dérouillage de ses muscles. Et la cuisinière-navigatrice parvient toujours à respecter les préceptes d’équilibre diététique avec les approvisionnements locaux. Bravo et merci.







A ce stade, un peu de philosophie marine s’impose : Il existe des Ayatollahs de la navigation pour lesquels, la voile, c’est le grand large, les horizons infinis, la solitude seul avec le ciel, les vagues voire les poissons volants. Ces gens là fort honorables au demeurant cohabitent avec les autres dont nous sommes qui apprécient ces traversées que parce qu’elles aboutissent à des cotes, à des ports, à des escales. S’approcher d’une ligne grise, apercevoir les montagnes puis distinguer les phares, l’entrée d’un port  et y pénétrer lentement après avoir préparé le bord pour un accostage ou un mouillage.  Une fois ces formalités accomplies, débarquer soit  en annexe soit sur un quai, reprendre l’usage de ses jambes et le nez en l’air déambuler dans la ville et le village, noter les différences d’avec l’escale précédente, goûter de l’ambiance et de la beauté des lieux, le tout entouré d’un bataillon de petites filles vives et délurées qui attirent l’attention des indigènes et provoquent les commentaires et les sympathies, c’est cela aussi la navigation…..


Monopoli donc. Nous y avons fait une longue escale, deux nuits et sommes tombés en pleine fête de Saint Côme qui a excité la ville pendant deux nuits tant sur le plan festif que religieux. Une longue procession animée par une demi-douzaine de confréries en uniformes colorés et par deux fanfares comme on n’en voit plus sous nos latitudes chemine lentement dans les rues principales devant une foule de spectateurs attentifs et dévots qui se signent à leur passage. Les églises sont pleines de gens de tout âge qui frôlent le vêtement recouvrant les statues de saints d’un air extasié et se congratulent à voix forte car, bien sûr tout le monde se connait. Et la fête, laïque et populaire cette fois, rassemble les mêmes personnes à l’issue de leurs dévotions et brasse une foule énorme. Toute la ville (50 000 habitants parait il ) est là, heureuse, bruyante, méditerranéenne, c'est-à-dire peu soucieuse de ne pas bousculer ou se marcher sur les pieds.



De Monopoli, le train nous mène en moins de deux heures à Lecce, chef lieu des Pouilles et ville superbe où nous déambulons sous un soleil de plomb. Tout le monde sait que le métier de touriste n’est pas de tout repos et il ne fallait pas repartir (car qui sait si un jour nous y reviendrons) sans tout voir et admirer. Mais on retrouve le train puis le havre du bateau avec plaisir car cette escapade non maritime s’est révélée assez exténuante sauf pour Rose, la benjamine qui pète le feu plus que jamais.






                                    des lauriers-roses !
On longe ensuite la côte italienne des Pouilles jusqu’au talon de la botte ,S.Maria di Leuca qui est 

un lieu de pèlerinage

mais aussi de villégiature

puis on traverse le coup de pied  de cette chaussure un peu spéciale quand même pour se propulser par temps hyper calme (sans un poil de vent, mer d’huile donc au moteur…) jusqu’à Crotone cité historique (décrite à l'aller par Astrid) où nos routes vont à nouveau se séparer. Nous allons donc refaire nos sacs et débarquer comme tout marin relevé à l’escale prévue. Gros regret de part de d’autre. Du nôtre, c’est évident tant cette croisière de onze jours s’est révélée harmonieuse, profondément joyeuse et heureuse De l’autre coté, faut il interpréter ainsi les larmes des filles tristes de voir disparaitre leur petite mère ? Mais il faut bien partir, c’est la vie comme la chanson « quand on a descendu les marches d’un escalier, avant d’les redescendre, il faut les remonter… ». Quand même, partir, c’est mourir un peu…