samedi 14 avril 2012

Les copains d'abord

              Vin et fromage, ce régime crétois nous convient très bien !

Cette semaine, nous avons eu la grande joie de retrouver Alix et Pierre, des amis nantais, avec qui nous avons continué à parcourir la Crète en long, en large, en travers et en hauteur aussi ! Pas de navigation donc cette semaine, pour rayonner plus facilement dans l'île, et aussi en vue d'accueillir d'autres amis atterrissant à Heraklion.

Revenons sur ces journées bien remplies :

Tout d'abord, nous avons eu la chance de pouvoir amarrer Datcha dans le vieux port vénitien d'Heraklion, alors que tous les marins rencontrés nous avaient dit qu'il n'y avait jamais de place libre, tellement il est petit. Mais une fois de plus c'est le bonheur de naviguer hors saison et de pouvoir ainsi être dans un joli cadre, à deux pas du centre de la ville.


Et puis, finalement, on en vient à bien apprécier ces marinas peu aménagées, mais où l'on trouve quand même de l'eau et de l'électricité et surtout où personne ne nous demande rien ! Henry a eu beau aller traîner du côté de la capitainerie, les bureaux sont déserts, rien ne bouge ! On ne va pas se battre pour payer le port, donc cela nous arrange, mais ce mode de gestion nous laisse perplexe...

A leur arrivée, Alix et Pierre ont été heureux d'apprendre qu'ils avaient droit à une semaine de carême de plus ! En effet, cette année les catholiques et les orthodoxes ont eu la bonne idée de se mettre d'accord sur la date de Pâques, ou en fait ce sont plutôt les catholiques qui se sont alignés sur les orthodoxes.  Samedi dernier nous fêtions donc les Rameaux, avec vraies palmes et branches d'olivier en guise de buis.

Insolite : le pope va cueillir les palmes pour sa messe du lendemain !

Cela nous paraissait cependant difficile de retarder la chasse aux oeufs d'une semaine pour les filles... et c'est dans un petit coin de verger, en pleine nature renaissante, que les filles ont respecté la tradition.

 
apparemment, il n'y avait pas que les enfants intéressés !





tout le monde s'y met !

Alix, et surtout Pierre, étant plus montagnards que voileux, nous savions que nous ferions plus de marche que de bateau... cela tombe bien,
le centre de la Crète est occupé par 3 chaînes de montagne, qui culminent à 2500 m environ et qui permettent de très belles randonnées.



 

 
Au fond des gorges de Rouvas


Une autre superbe journée nous a mené sur le Lassithi, à l'Est de la Crète. Etonnante vision que ce plateau qui culmine à 900 m au milieu d'un écrin de montagnes. Le paysage s'étale comme un immense patchwork, avec une alternance de cultures et de vergers. Les villages sont disséminés tout autour du plateau, pour ne pas perdre un cm2 de ces terres fertiles qui sont cultivées depuis l'époque minoenne. La région, difficilement accessible , a aussi été un foyer d'insurrection du temps des dominations vénitienne puis turque.

Une des 7000 éoliennes qui servent à irriguer. Elles sont progressivement remplacées par des pompes.




 


A la recherche de l'agneau pascal ?

 
Après les rigueurs de l'hiver, ce printemps est un enchantement !


 
L'hiver ayant été rude, la nature n'est pas très en avance. Les mimosas ont sorti leurs pompons, mais les lauriers ne sont pas encore en fleurs.


Une autre expédition nous donna quelques émotions, car nous nous sommes retrouvés sur des tout petits sentiers caillouteux et pentus, alors que la voiture n'était pas vraiment tout-terrain. Mais Pierre s'en est bien sorti, et cela nous a permis d'admirer des paysages magnifiques.

C'est dans cette région que , selon la mythologie, la déesse Rhéa cacha le petit Zeus pour le mettre à l'abri de son père Chronos qui dévorait tous ses enfants.



D'innombrables petites chapelles, toutes très bien entretenues


Après la nature, un peu de culture !

La Crète est le berceau de la civilisation minoenne. C'est l'archéologue britannique Sir Arthur Evans (le découvreur de Knossos) qui désigna ainsi cette culture, en référence au mythologique roi Minos.  Le patrimoine minoen, qui remonte à 2000 av JC environ, témoigne d'une créativité artistique, d'un savoir-faire et d'un raffinement culturel sans précedent.

Phaestos est un des ensembles palatiaux construits à cette époque. Le site étant fermé pour on ne sait quelle raison, nous avons seulement pu admirer ce qu'il en reste, dans un panorama fabuleux, sur la plaine de la Messara et le mont Ida.




Phaestos, comme Knossos, furent détruits vers 1700 av JC par un tremblement de terre. Courageux, les Minoens les reconstruisirent, encore plus somptueux. Vers 1500 av JC, la culture minoenne atteignait son apogée quand les palais furent à nouveau détruits. Il se peut que cela corresponde avec la formidable éruption volcanique de l'ïle de Santorin, située un peu au Nord de la Crète. 

Avant d'aller visiter le palais de Knossos, près d'Heraklion, Marguerite nous aide à nous rappeller de la légende du roi Minos. Allez, on aime bien cette histoire, vous la connaissez sûrement tous, mais on vous la raconte. 

Minos avait gagné une bataille contre les Athéniens. En guise de tribut, il exigea que 14 jeunes Athéniens soient livrés au Minotaure, l'engeance monstrueuse, mi-homme mi-taureau, né des amours de Pasiphaé, l'épouse de Minos, avec un taureau blanc. Thésée, fils du roi d'Athènes Egée, est volontaire. Aussitôt qu'elle le voit, Ariane, fille de Minos et de Pasiphaé, tombe amoureuse de lui. Pour empêcher que Thésée ne se perde dans le labyrinthe du palais de Knossos construit par l'architecte Dédale, Ariane lui donne une pelote de fil qu'il doit dérouler jusqu'au repaire du monstre. Thésée parvient à tuer le Minotaure et à sortir du labyrinthe grâce au fil d'Ariane. Celle-ci fuit avec Thésée, et il lui arrive d'autres aventures que nous avions évoqué lors de notre passage à Naxos. Minos, furieux du départ d'Ariane avec Thésée, enferme Dédale avec son fils Icare dans le labyrinthe.  Ceux-ci parviennent à s'échapper en se fabriquant des ailes avec des plumes récuperées et de la cire. Le jeune Icare, attiré par le soleil, finit par se brûler les ailes...

 

A Knossos, nous avons surtout été séduits par les fresques qui donnent une image de la société minoenne, si évoluée, riche et confiante. 

"la Parisienne"

Incroyables acrobaties

Quelle imagination !


Merveilleux dauphins

Autre richesse de la Crète, il n'y a pas que de l'huile d'olive, le vin !


Blanc ou rouge, que choisir ?


Mais nous avons gardé le meilleur pour la fin, les baignades sur des plages splendides !



Rose a pu profiter à fond de sa marraine.


EUPHKARISTO POLI, Alix et Pierre d'être venus nous rejoindre. C'était bon d'être ainsi entre amis, ce fut aussi une bonne piqûre de rappel de la qualité de la vie nantaise ! A bientôt et embrassez bien pour nous Agathe, Hortense, Guy et Jean, que les filles ont bien regretté.





vendredi 6 avril 2012

Régime de printemps.... crétois !

Chère famille, chers amis,

Quel surprenant régime... de vents, en Crète ! On nous avait prévenu, et nous ne sommes pas déçus... Maintenant on comprend mieux toutes ces éoliennes perchées au sommet des massifs !

Retour en arrière sur ces derniers jours :
Après quelques jours idylliques à Sitia (à part qu'Henry n'était pas là !), où la chaleur faisait penser plutôt déjà à l'été,

Sitia, jolie petite ville "à étages", avec les 2 éléments caractéristiques de la Grèce : le fort vénitien et l'église orthodoxe à coupole.



nous avons replongé dans l'automne avec du vent très fort (force 7, + de 30 noeuds, rafales à 35 noeuds) qui nous a obligé à rester dans la lagune de Spinalonga, au nord de Ayios Nikolaos,  qui doit être absolument charmante par beau temps, mais dont nous n'avons pas du tout profité  malheureusement !



Pour la première fois depuis le début du voyage nous avons été confrontés à beaucoup de vent alors que nous étions au mouillage. Dans ces cas-là, on essaie de ne pas trop penser que le bateau ne se précipite pas sur la côte uniquement grâce à un petit morceau de métal et 2 aussières. Incroyable la résistance de ces matériaux, et une mention spéciale pour l'ancre de Mathieu B. qui n'a jamais failli jusqu'à présent ! Henry a préfèré cependant rajouter une deuxième ancre, pour dormir plus tranquille...

Pour la première fois aussi (hormis lors des longues navigations) nous sommes restés toute la journée dans le bateau, à la fois pour veiller et aussi car nous n'avions pas très envie d'être trempés à cause du trajet en annexe jusqu'à la côte.
Nous en avons profité pour mettre les filles au travail, depuis quelques temps on met les bouchées doubles et cela avance bien. Ces dans ces moments là aussi que l'on apprécie d'avoir des filles, qui ont sans doute moins besoin de se dépenser que des garçons !

Voici une photo de nos quelques uns de nos voisins de mouillage. Nous n'étions en effet pas seuls ce qui est à la fois rassurant (un des bateaux dont l'ancre "dérapait" a été aidé par un autre) mais représente aussi une chose de plus à surveiller, car il ne faut pas leur atterir dessus (c'est ce qui a failli nous arriver un matin, le vent ayant tourné, on ne s'est pas fait des copains ce jour-là !). Si on pouvait rajouter le sifflement du vent dans les haubans, le claquement des cordages, le grincement sinistre de l'aussière à laquelle est rattachée l'ancre lorsque la tension se fait plus forte, vous auriez une meilleure idée de ce que nous avons vécu pendant 2 jours et 2 nuits... C'est dans ces moments-là qu'Astrid se demande : "Mais qu'est-ce que je fais là !!??"



Jeudi matin, nous décidons de quitter cet endroit pour nous rapprocher d'Héraklion, les prévisions météo annonçant plutôt moins de vent vers l'Ouest de l'île.  Après un passage délicat au cap Ioannis, qu'Henry négocie bien, très vite il n'y a presque plus de vent et nous devons mettre le moteur pour avancer un peu, va comprendre ! Nous finissons donc la journée à Milatos (près de Malia), tout petit port de pêche, où nous sommes très gentiment accueillis par un Norvégien retraité installé ici. Enfin une bonne nuit !




                        Petit cours d'"art visuel" pour Violette, Louise et Rose :






    tandis que Marguerite préfère l'option "travaux manuels"...


Séance d'EPS maintenant, au 3ème trimestre nous mettrons l'accent sur les sports nautiques...

jeudi 5 avril, à Milatos
 Et maintenant, nous offrons cette belle branche de bougainvillées à une "grande" dame qui a fêté
                                                           ses 100 printemps                                                              il y a une semaine, Denise Destremau. A-t-elle suivi le fameux régime crétois ?? Henry nous a raconté en détails la fête, où l'ambiance avait l'air excellente, et à laquelle Astrid et les filles ont bien regretté de ne pas participer. Bravo Grand-Mère pour cette belle et longue vie, continuez bien à dévorer des livres, à jouer au bridge, et promis on sera là pour vos 110 ans !





Pour terminer, toute la famille vous souhaite
de très belles fêtes de Pâques,
et de bonnes vacances pour ceux qui en ont !

Henry, Astrid, Marguerite, Violette, Louise et Rose

vendredi 30 mars 2012

A nous la Crète !

Chacun d'entre nous a des caps à passer et des objectifs qu'il se fixe. Pour nous, ces derniers jours, le "challenge" était d'atteindre assez vite la Crète, d'une part pour permettre à Henry de faire un aller-retour en France facilement et d'autre part pour être certains de pouvoir accueillir les amis qui nous rejoignent à Héraklion dans quelques jours. Pour cela il fallait passer sans encombre cette zone toujours ventée entre Rhodes et la Crète, et surtout traverser le détroit de Karpathos qui n'est pas très large (30 miles environ) mais n'a pas bonne réputation du fait du vent et surtout de la mer qui peut s'y former.

Les sites météo ayant été consultés et archi-consultés, il semblait qu'un bonne fenêtre s'annonçait pour la journée de jeudi, avec un vent assez fort (20 noeuds environ) mais à peu près bien placé (N-NW). De toutes façons Datcha commençait à trépigner, amarré depuis 2 jours et demi dans le petit port de Kasos, à tirer sur ses aussières et faire grinçer les pare-battages, il était temps de reprendre la mer !


La navigation s'est finalement bien passée, avec un vent plus fort qu'annoncé au centre du détroit (25 noeuds) et une mer assez agitée et surtout complétement désordonnée et hachée.  L'équipage a été passablement secoué dans tous les sens, mais a plutôt bien résisté. Quant au bateau, c'est impressionnant la résistance d'un voilier aux mouvements de la mer et à la puissance du vent, il s'est très bien comporté ! Dans ces moments un peu délicats (mais tout est relatif, et il n'y avait aucun danger réel !), on ne peut empêcher l'esprit de gamberger et nous pensons alors au grand voyageur Saint Paul qui a parcouru de nombreux miles en Méditerranée, et a connu un naufrage à Malte (on en reparlera...) Il faut dire que les conditions de navigation n'avaient rien à voir ! En quelques heures nous sommes au large du cap Sideros où nous envisageons de nous arrêter pour passer la nuit au mouillage, mais devant le peu d'abri sûr, nous choisissons de continuer vers le port de Sitia, sur la côte Nord de la Crète.
Petit passage un peu délicat pour contourner le cap en slalomant entre les récifs, avec une mer formée et un vent dans le nez. Mais Henry nous sort rapidement de là et deux heures plus tard nous entrons dans le port de Sitia, où nous nous amarrons entre un petit voilier et un bateau de pêche. Quel bonheur d'être là et surtout quelle quiétude ! C'est incroyable de passer ainsi aussi rapidement d'une situation pas très confortable, loin s'en faut, à la sérénité absolue !   

Henry peut maintenant prendre son billet pour Paris, et réserver une voiture pour explorer cette nouvelle île, découverte pour toute la famille.

Et déjà nous sommes séduits par les paysages, très vallonés, avec des gorges encaissées, des petits villages perdus, des chapelles à tous les détours, d'immenses tapis d'oliveraies et des plages de rêve.







                                                Xerokambos, côte Est


                                ça c'est juste avant la chute dans le petit bassin d'eau de mer...

Marguerite et Violette attendent les réponses au quizz Egypte jusqu'à la semaine prochaine !


                                     Plage et palmeraie (unique en Europe) de Vaï, à l'Est de l'île.

           
             A bientôt pour la suite de la découverte de la Crète !