mercredi 19 octobre 2011

"Tels des grenouilles autour d'une mare"

l'équipage de Datcha vous salue !

Les Cyclades, enfin !
Depuis une semaine, selon l'expression de Platon, nous passons d'une île à l'autre, nous perdant dans leurs noms qui se ressemblent, mais découvrant le caractère propre de chaque îlot, et nous émerveillant devant tant de beautés et d'histoire. Autre agrément de cette région, les distances sont courtes (20 miles environ) et rendent les navigations presque accessoires par rapport aux balades à terre. De vrais moments de bonheur, qui nous donnent un peu l'impression d'avoir atteint le but de notre pérégrination depuis 3 mois... Le voyage n'est certes pas fini, cependant ce séjour dans l'archipel des Cyclades en restera certainement un des moments forts.

Mercredi 12 octobre, c'est KEA, tout d'abord, montagneuse et verdoyante, où un grand lion à tête de matou veille, selon la légende, sur les habitants du principal village.







L'agriculture est encore assez active sur cette île, avec amandiers, pistachiers et figuiers poussant sur des champs en terrasse.










quel est cet arbre ? le paysagiste se réveille !
 Les toits des maisons sont encore en tuiles, influence de l'Attique proche.


nous ne rencontrons pas grand monde dans les petits villages, pourtant visiblement habités...


SYROS, le lendemain. Surnommée au Moyen-Age "l'île du Pape"du fait de l'importance de la communauté catholique implantée à la suite de la 4ème croisade. En 1204, les Francs et les Vénitiens détournèrent le but de cette croisade, pillèrent Constantinople et remplacèrent l'empire byzantin par un empire latin. Lorsque la Grèce fut reprise par les Byzantins, Syros servit de refuge aux catholiques et devint le bastion du catholicisme en Mer Egée. Au XVIIIème s., l'île comptait 6000 catholiques et 12 familles orthodoxes !
Aujourd'hui, dans la capitale, Ermoupolis, qui est aussi le chef-lieu des Cyclades, il y a deux collines, dominées chacune par une cathédrale, l'une catholique et l'autre orthodoxe.



Ermoupolis est une très belle ville, prospère, où nous découvrons des rues dallées de marbre et la plus grande mairie de Grèce !






Contrairement aux courageux François et Catherine qui escaladèrent jusqu'à la cathédrale Saint Georges, nous n'avons pas résisté aux terrasses ensoleillées d'où l'on peut observer l'animation du port tout en sirotant un "café frappé", boisson à la mode ici, du café glacé bien mousseux.






Le lendemain, étape suivante vers DELOS. Incroyable d'imaginer que ce minuscule îlot aride de 3,5km2 fut dans l'Antiquité si important du point de vue commercial et religieux, une sorte de "nombril du monde" pour les Grecs ! Selon la mythologie, c'est ici que serait né Apollon, et pour les Anciens, l'île était un territoire sacré où l'on n'avait pas le droit de naître ni de mourir. Des fêtes y sont organisées régulièrement en l'honneur du dieu du soleil, hyper présent sur ce caillou où il y a un seul arbre, un palmier !


pratique une exèdre, pour pique-niquer

très nombreux sur Délos, les lézards

Délos, du fait de sa position central en Mer Egée, et bien que ce soit un médiocre abri, fut un port très actif, attirant des marchands de toute la Méditerranée orientale pour le commerce du bois, blé, huile, vin et esclaves.


Hermès, dieu du commerce, nous accueille

Durant la lutte contre les Perses, les différentes cités grecques mettent en commun un trésor, réuni à Délos (= la Ligue de Délos), mais vite contrôlé par Athènes.
Les commerçants ont construit des temples pour leurs divinités, et vers le IVème s av JC, Délos compte jusqu'à 20 000 habitants (contre 14 aujourd'hui !).


le temple des commerçants de Beyrouth


les temps changent, une inscription chrétienne

L'île, du fait de la richesse de son activité et de ses édifices, a été largement pillée, puis abandonnée.
Le sanctuaire est retrouvé au XVIIIème s uniquement et au XIXème c'est l'Ecole française d'Athènes qui suit les fouilles.


l'allée des lions

Jusqu'à il y a une vingtaine d'années, le site était ouvert, et on imagine que pas mal de gens ont du se servir en jolies statues et autres chapiteaux sculptés... Les pierres bien taillées ont aussi servi pour les habitations de Mykonos, juste en face. On peut cependant faire un voyage dans le temps et imaginer la vie des marchands florissants d'il y a 2500 ans.





très bien ces vieilles pierres pour une petite pause...








dans le stade

Aujourd'hui, l'accès est très contrôlé, les bateaux n'ont pas le droit de mouiller au large, et on doit impérativement quitter les lieux avant 15 h. Ce qui nous vaut une belle engeulade d'un des cerbères gardant le sanctuaire, car à 15 h nous étions encore en train d'admirer le paysage du haut du point culminant de l'île...


Nous terminons la journée à MYKONOS, intrigués à l'idée de vérifier la réputation de cette île mythique des Cyclades. Nous ne pourrons pas témoigner sur les folles soirées de Mykonos, ayant passé une nuit très tranquille dans la marina... mais en revanche on a bien retrouvé les petites maisons blanches se découpant sur fond de ciel bleu que l'on voit sur les cartes postales. Le petit port est donc très mignon, mais HYPER touristique, chaque maison est soit un restaurant, soit une boutique, soit un loueur de voitures, on n'ose pas imaginer en pleine saison la foule qu'il doit y avoir.
























Dès le lendemain, samedi 15 octobre, nous allons plus au sud vers NAXOS où nous voulons passer quelques jours au port en tendant le dos pendant le coup de vent annoncé pour dimanche et lundi.




Henry dans sa position favorite, heureusement Catherine est là !

Les photos de Naxos vont suivre.

C'est à Naxos que nous apprenons la triste nouvelle de la mort du beau-frère d'Henry, Udo. Henry prévoit donc un aller-retour rapide vers Paris, mais depuis deux jours il n'y a pas de ferry pour Le Pirée, et demain jeudi 20 octobre, une grève générale doit paralyser le pays. Les Grecs espèrent ainsi faire entendre leur mécontentement vis-à-vis de l'UE entre autres... Nous serons donc tous de tout coeur demain avec Blandine, Aimée et Julie, tellement désolés d'être aussi loin.
Gros, gros bisous à toutes les trois spécialement, et affectueuses pensées à tous.

mercredi 12 octobre 2011

Kalimera d'Attique !

C'est bien à l'abri dans le carré, alors que dehors gronde un orage violent accompagné de rafales et de trombes d'eau, que nous vous envoyons les nouvelles fraîches de Datcha et son équipage. Eh oui, cette fois-ci vous verrez moins de ciel bleu et de tenues légères dans nos photos, nous aussi voyons avec tristesse la fin de la belle saison…

Déjà une semaine que nous avons traversé le canal de Corinthe, étape importante qui marque géographiquement notre rapprochement avec l'Orient, et notre plongée dans la civilisation hellénistique. Etonnant cet étroit passage creusé sur une cinquantaine de mètres de hauteur, et grâce à qui nous évitons de contourner le Péloponnèse. Déjà, dans l'Antiquité, les marins préféraient décharger leurs navires et trainer ceux-ci et les cargaisons sur des chariots le long d'une voie de guidage traversant les 6 km de l'isthme. L'empereur Néron avait imaginé le creusement d'un canal, et réquisitionné 6000 Juifs pour y travailler, mais ce projet a été enterré avec lui. Ce n'est que dans la deuxième moitié du XIXème s, dans la lignée du canal de Suez, que le chantier se concrétise. Aujourd'hui, de moins en moins de bateaux l'utilisent, et cela finit par devenir uniquement un agrément touristique, mais cher à entretenir, d'où une taxe de passage élevée... mais pour un moment exceptionnel !




Après avoir déposé les parents d'Henry sur le continent, nous avons passé quelques jours dans le Péloponnèse, qui est donc maintenant une île. Mercredi 5 octobre, à l'aube, nous rejoignons en car le joli port de Nauplie, d'où nous louons une voiture pour la journée.




Nous fonçons alors vers le site antique d'Epidaure, impatients de faire découvrir le fantastique théâtre aux filles. Mais,au guichet, énorme déception, on nous explique que c'est la grève, et qu'on ne peut donc visiter. Nous avons beau expliquer que nous sommes venus de France pour voir Epidaure, Astrid a beau affirmer qu'il faut qu'elle prenne des photos pour ses élèves, le fonctionnaire demeure incorruptible. Cependant, il en faut plus pour nous arrêter et Henry fait alors appel à son expérience de jeunesse en terme de franchissement de barrière, et autre contournement d'interdiction. Nous repérons les lieux sur un plan, et le commando Destremau parvient sans trop de short déchiré ni d'égratignure à escalader plusieurs grillages et portails défendant le sanctuaire... Nous parvenons en haut des gradins, et profitons quelques instants de la splendeur architecturale, vide de touristes.




Les filles ne sont pas très rassurées, surtout lorsque, assez vite, nous nous faisons repérer et des gardiens nous hèlent d'en bas avant de venir nous chercher. Louise nous imagine déjà en prison jusqu'à la fin de nos jours ! Les deux gardiens, qui n'en reviennent pas de nous voir là, nous accordent finalement 5 minutes de photos supplémentaires, avant de nous ouvrir les grilles en nous faisant les gros yeux...







A Mycènes, c'est la même chose, nous nous cassons les dents, et nous visons alors l'ancienne Corinthe, où une bonne partie du site est visible de l'extérieur des grilles. C'est l'occasion d'évoquer Saint Paul, fustigeant les moeurs des Corinthiens. En effet, il y avait à son époque,dans la ville haute de Corinthe, un temple qui abritait plus de 400 prostituées !





Halte dans un havre de paix, un petit monastère de religieuses, perdu dans la campagne.








Nous finissons la journée dans le SE du Péloponnèse, en dégustant une pita devant le charmant petit port de l'île de Poros. Un de plus, mais on ne s'en lasse pas !








Après une étape sur l'île d'Egine, nous approchons d'Athènes vendredi 8 octobre dans la matinée. On commence à deviner à travers le nuage de pollution la très grande agglomération (3 millions d'habitants, 1/3 de la population grecque).




Une fois bien arrimés dans la gigantesque marina Alimos à Kalamaki, nous nous lançons à la (re)découverte de la cité d'Athènes.




Balade dans coeur de la ville,le quartier de Plaka et autour de l'Acropole. Nous sommes plutôt agréablement surpris par cette première approche. Plaka est certes hyper touristique, mais bien mis en valeur, et il y a de grandes allées très agréables qui contournent la cité haute. L'ensemble nous paraît plus aéré et entretenu que l'on nous l'avait laissé entendre. Du haut de la colline de l'Aréopage, nous retrouvons ce cher Saint Paul s'adressant aux Athéniens et faisant un premier disciple, Denys, qui devient premier évêque et saint patron de la ville.



Coucou aux amis du Sénevé !



Le lendemain, visite du tout nouveau Musée de l'Acropole où les sculptures rescapées du pillage des Européens sont superbement présentées.
Une photo volée :



Dans la soirée, nous avons droit à une petite initiation de danses chypriotes dans une association de quartier, sympa.




Dimanche matin, au Musée national de l'Archéologie, nous nous émerveillons devant le raffinement des trésors des Mycéniens. Les filles n'en peuvent plus devant tant de bijoux !

Puis, nous retrouvons une amie de la soeur d'Henry, Maria et son mari Théodore. Maria, en tant que prof d'économie politique, nous décortique le mécanisme de la crise grecque. Pas sûr d'avoir tout compris, mais on retient que c'est la classe moyenne grecque qui va payer les fruits de la mauvaise gestion du pays. Maria, par exemple, a vu son salaire diminuer de 20 % depuis le début de l'année. Théodore, architecte, ne trouve pas de travail depuis 2 ans, et on leur réclame régulièrement de nouvelles taxes. Pour échapper à la sinistrose, nous partageons un bon déjeuner. C'est vraiment ce qui nous plaît, d'avoir la chance de rencontrer "des vrais gens" qui nous donnent une vision un peu moins superficielle et non uniquement touristique du pays.

Dans la matinée du mardi 11 octobre, nous gravissons enfin l'Acropole, accompagnés de centaines d'autres touristes. Le plus impressionnant n'est finalement peut-être pas les différents édifices, peu mis en valeur, et encombrés d'échafaudages, mais le panorama sur la ville tentaculaire d'Athènes, où l'on retrouve les différentes collines qui permettent de resituer la ville antique.
Traditionnelle scéance de photos.











Le quartier ancien Plaka :



Le Musée de l'Acropole (par Tschumi):


Dans l'après-midi, le vent se calme et nous permet de quitter Athènes pour atteindre le Cap Sounion, à côté duquel nous dormons au mouillage.








Non, non, nous ne sommes pas revenus en Bretagne, ce sont nos cousins Catherine et Francis,qui nous ont rejoints pour 10 jours pour déambuler dans les Cyclades. Espérons que le soleil sera de la partie !

Mille pensées égéennes !