| l'équipage de Datcha vous salue ! |
Les Cyclades, enfin !
Depuis une semaine, selon l'expression de Platon, nous passons d'une île à l'autre, nous perdant dans leurs noms qui se ressemblent, mais découvrant le caractère propre de chaque îlot, et nous émerveillant devant tant de beautés et d'histoire. Autre agrément de cette région, les distances sont courtes (20 miles environ) et rendent les navigations presque accessoires par rapport aux balades à terre. De vrais moments de bonheur, qui nous donnent un peu l'impression d'avoir atteint le but de notre pérégrination depuis 3 mois... Le voyage n'est certes pas fini, cependant ce séjour dans l'archipel des Cyclades en restera certainement un des moments forts.
Mercredi 12 octobre, c'est KEA, tout d'abord, montagneuse et verdoyante, où un grand lion à tête de matou veille, selon la légende, sur les habitants du principal village.
L'agriculture est encore assez active sur cette île, avec amandiers, pistachiers et figuiers poussant sur des champs en terrasse.
| quel est cet arbre ? le paysagiste se réveille ! |
| nous ne rencontrons pas grand monde dans les petits villages, pourtant visiblement habités... |
SYROS, le lendemain. Surnommée au Moyen-Age "l'île du Pape"du fait de l'importance de la communauté catholique implantée à la suite de la 4ème croisade. En 1204, les Francs et les Vénitiens détournèrent le but de cette croisade, pillèrent Constantinople et remplacèrent l'empire byzantin par un empire latin. Lorsque la Grèce fut reprise par les Byzantins, Syros servit de refuge aux catholiques et devint le bastion du catholicisme en Mer Egée. Au XVIIIème s., l'île comptait 6000 catholiques et 12 familles orthodoxes !
Aujourd'hui, dans la capitale, Ermoupolis, qui est aussi le chef-lieu des Cyclades, il y a deux collines, dominées chacune par une cathédrale, l'une catholique et l'autre orthodoxe.
Ermoupolis est une très belle ville, prospère, où nous découvrons des rues dallées de marbre et la plus grande mairie de Grèce !
Contrairement aux courageux François et Catherine qui escaladèrent jusqu'à la cathédrale Saint Georges, nous n'avons pas résisté aux terrasses ensoleillées d'où l'on peut observer l'animation du port tout en sirotant un "café frappé", boisson à la mode ici, du café glacé bien mousseux.
Le lendemain, étape suivante vers DELOS. Incroyable d'imaginer que ce minuscule îlot aride de 3,5km2 fut dans l'Antiquité si important du point de vue commercial et religieux, une sorte de "nombril du monde" pour les Grecs ! Selon la mythologie, c'est ici que serait né Apollon, et pour les Anciens, l'île était un territoire sacré où l'on n'avait pas le droit de naître ni de mourir. Des fêtes y sont organisées régulièrement en l'honneur du dieu du soleil, hyper présent sur ce caillou où il y a un seul arbre, un palmier !
| pratique une exèdre, pour pique-niquer |
| très nombreux sur Délos, les lézards |
Délos, du fait de sa position central en Mer Egée, et bien que ce soit un médiocre abri, fut un port très actif, attirant des marchands de toute la Méditerranée orientale pour le commerce du bois, blé, huile, vin et esclaves.
| Hermès, dieu du commerce, nous accueille |
Durant la lutte contre les Perses, les différentes cités grecques mettent en commun un trésor, réuni à Délos (= la Ligue de Délos), mais vite contrôlé par Athènes.
Les commerçants ont construit des temples pour leurs divinités, et vers le IVème s av JC, Délos compte jusqu'à 20 000 habitants (contre 14 aujourd'hui !).
| le temple des commerçants de Beyrouth |
| les temps changent, une inscription chrétienne |
L'île, du fait de la richesse de son activité et de ses édifices, a été largement pillée, puis abandonnée.
Le sanctuaire est retrouvé au XVIIIème s uniquement et au XIXème c'est l'Ecole française d'Athènes qui suit les fouilles.
| l'allée des lions |
Jusqu'à il y a une vingtaine d'années, le site était ouvert, et on imagine que pas mal de gens ont du se servir en jolies statues et autres chapiteaux sculptés... Les pierres bien taillées ont aussi servi pour les habitations de Mykonos, juste en face. On peut cependant faire un voyage dans le temps et imaginer la vie des marchands florissants d'il y a 2500 ans.
| très bien ces vieilles pierres pour une petite pause... |
| dans le stade |
Aujourd'hui, l'accès est très contrôlé, les bateaux n'ont pas le droit de mouiller au large, et on doit impérativement quitter les lieux avant 15 h. Ce qui nous vaut une belle engeulade d'un des cerbères gardant le sanctuaire, car à 15 h nous étions encore en train d'admirer le paysage du haut du point culminant de l'île...
Nous terminons la journée à MYKONOS, intrigués à l'idée de vérifier la réputation de cette île mythique des Cyclades. Nous ne pourrons pas témoigner sur les folles soirées de Mykonos, ayant passé une nuit très tranquille dans la marina... mais en revanche on a bien retrouvé les petites maisons blanches se découpant sur fond de ciel bleu que l'on voit sur les cartes postales. Le petit port est donc très mignon, mais HYPER touristique, chaque maison est soit un restaurant, soit une boutique, soit un loueur de voitures, on n'ose pas imaginer en pleine saison la foule qu'il doit y avoir.
Dès le lendemain, samedi 15 octobre, nous allons plus au sud vers NAXOS où nous voulons passer quelques jours au port en tendant le dos pendant le coup de vent annoncé pour dimanche et lundi.
| Henry dans sa position favorite, heureusement Catherine est là ! |
Les photos de Naxos vont suivre.
C'est à Naxos que nous apprenons la triste nouvelle de la mort du beau-frère d'Henry, Udo. Henry prévoit donc un aller-retour rapide vers Paris, mais depuis deux jours il n'y a pas de ferry pour Le Pirée, et demain jeudi 20 octobre, une grève générale doit paralyser le pays. Les Grecs espèrent ainsi faire entendre leur mécontentement vis-à-vis de l'UE entre autres... Nous serons donc tous de tout coeur demain avec Blandine, Aimée et Julie, tellement désolés d'être aussi loin.
Gros, gros bisous à toutes les trois spécialement, et affectueuses pensées à tous.